En cas d’imprévus pendant un voyage, des questions juridiques se posent rapidement. Alors quels sont vos droits en tant que personne atteinte de diabète ? Rolf Metz nous en dit plus afin que vous soyez bien préparé·e à l’avenir. Mais s’il y a des droits, il y a aussi des devoirs.

Le diabète est une maladie invisible et n’est donc pas identifiable par les agences de voyage, les compagnies aériennes ou les hôtels. Les personnes concernées doivent informer la compagnie aérienne, le voyagiste ou l’hôtel de leurs besoins particuliers à la conclusion du contrat, c’est-à-dire lors de la réservation. Cela vaut aussi pour les personnes en surpoids: en cas de réservation par téléphone ou via des applications, rien ne permet de savoir qu’une assistance particulière est requise. Il faut toujours expliciter ses besoins et ce, même lors d’une réservation dans une agence, car le personnel ne peut pas deviner l’aide dont vous avez besoin. La loi sur l’égalité pour les personnes handicapées ne considère pas un surpoids important (obésité) comme un handicap. Les personnes en situation d’obésité n’ont donc pas plus de droits que les autres voyageurs·euses.
Fauteuil roulant et assistance à l’aéroport
Les aéroports et les compagnies aériennes offrent une assistance aux voyageurs·euses qui ne peuvent parcourir que de courtes distances à pied, qui ont besoin d’un fauteuil roulant ou qui voyagent avec le leur. Cette assistance doit être demandée au moins 48 heures avant le départ auprès de la compagnie aérienne ou de l’agence de voyage ayant effectué la réservation. Cela s’applique à tous les aéroports européens (Suisse, États membres de l’UE et de l’AELE). Les personnes qui partent d’un pays situé en dehors de l’Europe doivent se renseigner à l’avance auprès de leur compagnie aérienne. Il en va de même pour les vols retour. Les personnes qui souhaitent voyager avec leur propre fauteuil roulant doivent se renseigner auprès de la compagnie aérienne lors de la réservation. Les fauteuils roulants normaux ne peuvent pas être emportés en cabine.
Médicaments, pompe et seringues Les voyageur·euses sont tenus d’informer correctement les prestataires de services ou les partenaires contractuels de leurs besoins avant la conclusion du contrat. Ils doivent également se faire confirmer les engagements pris, par exemple par e-mail. Il incombe aussi aux voyageur·euses d’emporter tous les documents de voyage (passeport, certificats médicaux, etc.). La compagnie aérienne, le voyagiste, l’hôtel et tous les autres prestataires sont tenus de fournir les prestations promises.QUI A QUELLE RESPONSABILITÉ?
Prendre l’avion avec des médicaments, une pompe à insuline ou des seringues ne pose généralement aucun problème. Les médicaments nécessaires pendant le voyage (il est recommandé d’emporter 1,5 à 2 fois la quantité nécessaire), comme les pompes à insuline, doivent être transportés dans les bagages à main. Les médicaments thermosensibles sont à placer dans une glacière ou similaire et ne doivent pas être mis en soute. Dans ce cas, emportez un certificat médical en anglais (original) attestant qu’il s’agit de matériel médical et de médicaments dont vous avez personnellement besoin. Signalez les seringues et autres au personnel lors du contrôle de sécurité.
Importation de médicaments à l’étranger
En principe, les médicaments contre le diabète peuvent être emportés sans problème. Il est important d’avoir sur soi un certificat médical correspondant (voir ci-dessus) contenant les informations nécessaires. En cas de séjour prolongé, vérifiez au préalable la quantité de médicaments autorisée à l’importation.
Droit à un deuxième siège?
La largeur des sièges varie selon les compagnies aériennes, mais elle a tendance à diminuer. En classe économique (classe touriste), la place est restreinte, contrairement à la classe affaires, où les sièges sont plus larges. Chaque passager·ère a le droit de profiter pleinement de son siège. L’accoudoir «appartient» aux deux voisins de siège, il n’est donc pas possible de le relever pour grappiller de la place à son voisin. Lors de la réservation du vol, il convient de discuter de ses besoins avec la compagnie aérienne. Certaines places sont plus adaptées que d’autres. Parfois, réserver un deuxième siège peut s’avérer nécessaire, mais il ne faut pas attendre l’embarquement, car si l’avion est complet, il sera difficile de trouver une solution. Du reste, la compagnie aérienne peut refuser une personne si sa sécurité ne peut être garantie, par exemple si elle ne peut pas boucler sa ceinture de sécurité, même avec une rallonge.
Attention aux menus spéciaux
Selon le vol et la classe réservée, un repas ou une collation est servi. Si vous avez besoin d’un menu spécial, vous devez le signaler lors de la réservation du vol. Il en va de même pour les voyages en bus et les voyages à forfait, ou à l’hôtel. Des menus spéciaux ne sont pas toujours proposés, cela dépend du type de voyage (trekking, voyages sportifs) ou de la catégorie d’hôtel. Clarifiez ce point dès la réservation et demandez une confirmation écrite en cas de réponse positive.
Droit à des pauses lors de voyages à forfait?
Les voyages à forfait sont un produit de masse. Les circuits ou les vacances de randonnée, par exemple, sont conçus pour des «client·es moyens» et les pauses sont prévues en conséquence. Si, pour des raisons médicales, une personne a besoin de plus de pauses, cela peut poser problème. Les guides touristiques en tiennent compte dans la mesure du possible. Mais les autres voyageur·euses ont le droit d’exiger que le programme convenu soit respecté. Demandez conseil lors de la réservation du voyage et ne surestimez pas votre condition physique.
Où réserver?
Il existe plusieurs options pour réserver un vol ou des vacances: directement auprès du prestataire, sur Internet, auprès d’un intermédiaire ou via un portail de réservation. Chacun de ces canaux présente des avantages. En cas de besoins particuliers, mieux vaut s’adresser directement au prestataire. Celui-ci dispose des informations nécessaires et peut vous donner des renseignements fiables sur ce qui peut être fait. Demandez toujours une confirmation écrite.
Pompes à insuline et capteurs de glucose
La prudence est de mise lorsqu’on prend l’avion avec une pompe à insuline ou un capteur de glucose. De nos jours, les contrôles de sécurité sont effectués à l’aide de différents appareils et les méthodes varient selon l’appareil. Le mode d’emploi de la pompe à insuline ou du capteur de glucose doit indiquer les appareils (rayonnements) à éviter. Il en va de même pour le contrôle des bagages à main. Il est préférable d’informer le personnel chargé du contrôle de sécurité que vous transportez du matériel pour le diabète (pompe ou capteur).
