Vous sentez, vous aussi, le doux parfum des vacances qui approchent ? Mais en quoi les vacances sont-elles différentes avec un diabète ? Diabétique depuis l’âge de 11 ans et ayant des origines mauriciennes, je me rends presque chaque année à l’Île Maurice en famille. Je suis donc bien placée pour juger en quoi il est différent de voyager avec le diabète. Tout commence au moment de faire ses bagages, lors qu’on se retrouve devant une valise pleine à craquer, sans y avoir encore rangé son sac avec l’insuline, les capteurs, les pansements, les transmetteurs, les seringues, les aiguilles et, éventuellement, la pompe pour les vacances. Je peux vous assurer que cela m’est arrivé assez souvent. Mais, il n’y a pas que la préparation des bagages, l’enregistrement à l’aéroport aussi, c’est toute une histoire. Lors du contrôle de sécurité, je me retrouve toujours à devoir expliquer pourquoi l’alarme sonne et si je ne cherche pas à passer en fraude quelque chose d’illégal ? Ce sont ces petites difficultés que nous devons surmonter en plus, et dont la plupart des gens n’ont pas conscience. Vient ensuite le stress d’accéder au compartiment à bagages si tué juste au-dessus de mon siège, non pas parce que je veux descendre le plus vite possible à l’arrivée, mais parce que ma vie dépend de ce bagage à main. Imaginez… Vous atterrissez pour des vacances de rêve, mais vos bagages ont disparu. Vous savez que vos vêtements, vos articles de toilette et autres arriveront probablement à un moment donné, mais vous ne savez pas quand. Sur le coup, vous êtes déçu, mais vous réalisez en suite que tout le matériel dont vous avez besoin pour gérer votre diabète ne sera pas disponible avant un certain temps et cela, dans un pays étranger, où les conseils sont rares. Comment réagir ? Laissez-moi vous raconter une histoire à ce sujet. La situation n’est peut être pas aussi dramatique que celle que je viens de vous décrire, mais elle est suffisamment importante pour être partagée. Je n’étais pas diabétique depuis longtemps lorsque nous nous sommes rendus à l’aéroport, impatients d’arriver. Enfin à l’île Maurice, enfin les retrou vailles avec la famille, enfin la mer, le so leil, la plage… puis le choc : pas moyen de trouver ma seringue de glucagon ? Une agitation indescriptible s’est emparée de nous. Impossible de rentrer à la maison, car l’avion décollait dans deux heures. Que faire ? Heureusement, nous avons eu l’idée de passer à la pharmacie de l’aéroport, où nous avons pu dégoter la dernière seringue de glucagon. Je n’oublierai jamais l’expression sur le visage de mes parents : la panique totale. À l’époque, je n’avais absolument pas conscience de la gravité de mon erreur. Je me sentais déjà grande et je pensais pouvoir tout faire toute seule, y compris préparer mes affaires pour le diabète. Si j’ai bien appris quelque chose de cette histoire, c’est que nous avons le droit d’accepter de l’aide et que nous ne devons pas toujours faire tout, tout seuls. Car la véritable force, c’est d’oser demander de l’aide. Mon conseil pour voyager avec le diabète : garder la tête froide. Peu importe la situa tion catastrophique dans laquelle vous êtes, il existe une solution à tout problème. Ou comme ma mère dit toujours : « Et alors, ce n’est pas la fin du monde ? ». C’est sur ces belles paroles que je terminerai ma chronique, en espérant que vous pourrez partir pour votre pro chain voyage l’esprit tranquille.
