Quand l’excès de poids altère la libido

Des études récentes suggèrent que 40 à 50 % des hommes diabétiques de type 2 auraient un taux de testostérone modérément ou fortement abaissé.

La testostérone est l’hormone masculine par excellence, responsable notamment de la virilisation. Son taux sanguin diminue avec l’âge ce qui peut jouer un rôle dans certains symptômes comme les troubles de l’érection et du désir sexuel. Ces plaintes fréquentes peuvent toutefois avoir de multiples autres origines (atteinte vasculaire et neurologique notamment dans le cadre du diabète, avancée en âge, dépression,…).

Dosage sanguin 

Les troubles de l’érection sont fréquents chez les hommes diabétiques et l’attitude habituelle est d’essayer d’abord un médicament de la famille du Viagra®. Une concentration plus faible en testostérone chez certains hommes diabétiques peut aussi y contribuer : le coupable serait l’excès de tissu adipeux dans l’abdomen qui produirait différentes substances inhibant la production de testostérone par les testicules. Il se forme ainsi un véritable cercle vicieux puisque la baisse de production de testostérone va en retour favoriser la formation de tissu adipeux abdominal, entrainant une baisse du taux de testostérone et ainsi de suite.

Certains préconisent depuis peu un dosage annuel de la testostérone chez les hommes diabétiques de type 2 avec des signes et symptômes évocateurs. Un dosage sanguin de la testostérone totale à 8h du matin peut être proposé au cas par cas et doit être répété dans les situations à la limite de la norme. L’interprétation du taux de testostérone est cependant souvent difficile en présence notamment d’un excès pondéral ou d’un diabète de type 2, d’où l’importance d’un conseil spécialisé par un endocrinologue.

Un apport en testostérone (par exemple par injection) chez les hommes diabétiques avec carence importante peut améliorer la satisfaction sexuelle et la qualité de l’érection. Elle permet également une augmentation de la masse musculaire et certaines études suggèrent une légère baisse du poids et de la masse grasse ainsi qu’une diminution, quoique modeste, de la glycémie. Il existe une association forte entre risque cardio-vasculaire et taux bas de testostérone mais cela ne prouve pas un lien causal ; en d’autres termes, on ne sait pas si le taux bas de testostérone est directement responsable du développement de l’athérosclérose ou juste un indicateur de l’âge ou d’une maladie avancée. 

Perte pondérale

Une perte pondérale après adaptation de l’hygiène de vie est la première mesure à encourager, surtout en cas de carence légère. En cas d’échec, il est légitime de discuter un complément en testostérone chez une personne diabétique avec une carence sans équivoque et des symptômes compatibles. Le traitement se fait soit par des injections intramusculaires, en général trimestrielles, soit par l’application quotidienne sur la peau de gel ou patch. Il convient de respecter les contre-indications (le cancer de la prostate notamment) et d’éviter de débuter une substitution en testostérone à la légère et sans grande conviction car il peut être parfois difficile de l’interrompre par la suite. 

Il est aussi nécessaire de garder une certaine prudence surtout du fait de possibles effets secondaires à long terme d’autant plus qu’il n’existe pas encore de consensus clair à ce sujet et qu’il persiste une controverse quant au risque cardio-vasculaire d’un apport en testostérone chez la personne âgée, certaines études récentes suggérant un bénéfice, d’autres plutôt un effet délétère.

Dr Christophe Petite

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