Le rôle de la vitamine D 3/2016

Davantage de bénéfices pour les diabétiques de type 1

La vitamine D intervient dans les défenses immunitaires. Son action apparaît plus décisive dans la prévention du diabète de type 1 que dans celle du diabète de type 2.

Dans le sud, l'apport de vitamine D est suffisant.

Appelée aussi «vitamine du soleil», la vitamine D ne peut être produite par l’organisme que sous l’influence des rayons UVB du soleil. Grâce à son action, elle diminue l’apparition de maladies auto-immunes comme le diabète sucré de type 1, la sclérose en plaques, la maladie de Crohn, l'arthrite rhumatoïde etc. Un facteur important dans l’apparition de ces maladie semble être la qualité de l’apport de vitamine D au cours des dix premières années de vie.

« La vitamine D diminue l’apparition des maladies auto-immunes »

On admet aujourd’hui l’hypothèse selon laquelle le nombre plus élevé de diabétiques de type 1 dans le Nord de l’Europe (Scandinavie) que dans le Sud (pays méditerranéens) pourrait être associé à la vitamine D.  En effet, l’apport en vitamine D dans les pays scandinaves est moins bon en raison de la longue période hivernale et du manque de luminosité durant cette saison. 

Des effets à long terme

Les résultats d’une étude finnoise sur la prévention du diabète de type 1

ne sont donc pas surprenants. Les nourrissons ont reçu, durant leur première année de vie, une dose journalière 10 fois supérieure de vitamine D à la dose habituelle (50 µg, correspondant à 2000 UI à la place de 5 µg, correspondant à 200 UI). Il s’est avéré que 30 ans plus tard, les cas de diabète de type 1 étaient 80 % plus rares que dans le groupe de contrôle. 

« Les cellules bêta du pancréas possèdent des récepteurs de la vitamine D »

L’apport de vitamine D aux nourrissons est aujourd’hui une pratique routinière. Celle-ci se fait en règle générale avec 400 UI au cours de la première année de vie et avec 600 UI

au cours de la deuxième et de la troisième année de vie. Des doses nettement supérieures sont clairement déconseillées car le risque de surdosage (avec des symptômes d’intoxication) est trop élevé. 

Quels impacts pour les diabétiques de type 2 ? 

Chez les personnes atteintes de diabète de type 2, une amélioration de la régulation de la glycémie a été signalée lorsque l’appoint de vitamine D

est augmenté. On sait depuis peu qu’il existe des récepteurs de la vitamine D aussi bien dans les cellules bêta du pancréas que dans les organes-cible de l’action insuline, à savoir le foie, les muscles et le tissu adipeux. Il n’est donc pas étonnant si des personnes présentant un déficit de vitamine D souffrent d’une limitation de la fonction des cellules bêta.

Par ailleurs, la vitamine D semble inhiber un facteur présent dans le sang  (TNF-alpha) qui est impliqué dans la résistance à l’insuline lors de diabète de type 2. Le déficit de vitamine D et le diabète de type 2 présentent tous les deux un profil de risques similaire. Les deux facteurs sont souvent cumulés chez les personnes en surpoids, dans l’âge avancé et chez certaines ethnies, par exemple les personnes de peau foncée.  Toutefois, on ne sait pas encore avec certitude s’il existe un lien de cause à effet. 

Dans les régions nordiques, en revanche, l'apport en vitamine D est moindre à cause des longues périodes d'hiver.

Beaucoup de questions encore sans réponse 

A ce stade, quelques questions s’imposent : la vitamine D joue-t-elle un rôle significatif dans le diabète de type 2 ? Le diabète est-il mieux réglé lors d’un apport suffisant de vitamine D ? Est-il même possible de prévenir le diabète de type 2 par un appoint de vitamine D ?

Une étude menée en Inde a concerné plus de 900 participants. Près de la moitié d’entre-eux avait un diabète de type 2. Plus de 90 % des deux groupes – diabétiques et personnes-contrôle – présentaient un déficit de vitamine D. Deux tiers des diabétiques présentaient un surpoids (IMC > 25 kg/m2) ; ils étaient majoritairement en déficit de vitamine D. Il en allait de même pour leur tour de taille. En revanche, aucun lien n’a pu être trouvé entre le déficit de vitamine D et le taux de HbA1c. De même, le degré de résistance à l’insuline n’était pas corrélé au taux de vitamine D. 

Pas de rôle établi dans letraitement du diabète de type 2

Dans une autre étude, des volontaires plus âgés (71 ans en moyenne), en surpoids (avec un IMC moyen de 30 kg / m2), sans diabète, ont été traités pendant une année avec une dose standard de 600 UI de vitamine D3 ou avec une dose journalière nettement supérieure, de 3500 UI de vitamine D3. Après une année, aucune différence n’a été trouvée concernant la glycémie à jeun ou les paramètres de la résistance à l’insuline. 

Tous les autres essais concordaient avec ces résultats.  La correction du déficit de vitamine D ne permet manifestement pas d’améliorer le contrôle métabolique lors de diabète de type 2. Ainsi, l’apport de vitamine D ne joue probablement aucun rôle dans le traitement du diabète de type 2. 

Aucune action préventive découverte à ce jour…

Il n’est pas encore possible de répondre à la question de savoir si un appoint régulier de vitamine D permet d’éviter un diabète de type 2.  Il est toutefois réjouissant de savoir que quelques études, s’intéressant à cette problématique, sont en cours.  Nous attendons les résultats avec impatience. 

… mais de vrais bienfaits

Quelle attitude adopter entre-temps? Le déficit de vitamine D est fréquent chez les personnes âgées et en particulier chez les personnes en surpoids. La vitamine est très bon marché.  De plus, l’apport de petites doses journalières de 600 à 800 UI est inoffensif.  En outre, des effets positifs ont été constatés, comme la diminution de la fréquence des chutes chez les personnes âgées.

« L’apport de vitamine D est un bienfait chez les personnes âgées et les personnes en surpoids »

De nombreux experts recommandent par conséquent un apport substantiel de vitamine D, en particulier chez les personnes exposées à un risque accru (diabète dans la famille, par exemple).  Cette prise peut facilement se faire sans examen, donc sans mesure préalable du taux sanguin de vitamine D. 

Dans quelques années, nous saurons sans doute si la vitamine D convient à la prévention du diabète de type 2. Ce que nous savons déjà avec certitude, c’est qu’une alimentation saine et une activité physique quotidienne sont des mesures efficaces.

Dr méd. K. Scheidegger

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