La compatibilité des outils proposés n'est pas suffisante : un défi à relever

Pour l’instant, seul un petit pourcentage de personnes diabétiques utilise les données numériques pour faire des ajustements de doses d’insuline. L'harmonisation des normes pourrait être un puissant accélérateur.

Pr Valérie Schwirtzgebel, HUG

Le diabète de type 1 est la maladie chronique la plus fréquente chez l’enfant après l’asthme. Le traitement par insuline représente une tâche lourde pour les enfants et leurs parents avec des décisions et ajustements à prendre tout au long de la journée et parfois la nuit (24h/24h).

La glycémie est influencée par beaucoup de facteurs comme la prise des repas, l’activité physique, le stress etc. Chaque enfant nécessite un traitement individualisé, un surdosage ou sous-dosage d’insuline peut avoir des conséquences graves comme des hypo- ou hyperglycémies sévères. 

Incompatibilité des dispositifs

Les progrès techniques, comme la mesure du glucose en continu (CGMS) ou le système flash, permettent un suivi et traitement intensifiés. Le téléchargement et le stockage de données multiples sont possibles, mais malgré les progrès techniques seulement un petit pourcentage de personnes diabétiques utilise ces données pour faire des ajustements des doses d’insuline.

« Le traitement par insuline représente une lourde tâche pour les enfants »

Les causes sont multiples et souvent liées à l’incompatibilité des dispositifs de différentes firmes (pompe, glucomètre, CGMS), des logiciels et des applications. De plus, on note des obstacles au téléchargement, ainsi qu’un excès de données et des difficultés d’interprétation. Les applications mobiles sont donc loin d’être utilisées à large échelle.

Harmoniser les normes

La solution serait une harmonisation des normes de communication et une plateforme qui intègrerait facilement toutes les données. Les premiers efforts pour améliorer la compatibilité entre les différents dispositifs sont en cours, comme par exemple l’acquisition automatique des données d’un appareil CGMS par un Smartphone.

« La construction de plateformes, comme " Tidepool ", est en phase de finalisation »

La construction de plateformes par une organisation à but non lucratif, comme « Tidepool », permettant un téléchargement automatique des don nées des différents dispositifs, est en phase de finalisation. La communauté des personnes atteintes de diabète s’investit en parallèle dans l’élaboration d’outils selon l’approche « do-it-yourself ». L’application WEBDIA, qui est une invention genevoise, en est un exemple.

Pr Valérie Schwitzgebel, HUG

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