Punir les «mauvais» diabétiques ?

Editorial

Un fait grave semble avoir passé inaperçu. Il n’a du moins pas été répercuté à grand bruit dans la presse. Pourtant, il pourrait être lourd de conséquences.

En Hongrie, un décret ministériel publié en avril 2012 a instauré une politique de punition sanctionnant certains diabétiques. Ceux dont le contrôle glycémique, attesté par l’hémoglobine glyquée, est considéré comme insuffisant, sont accusés d’être des «diabétiques fautifs». Car leur comportement jugé irresponsable entraîne un accroissement des complications tardives du diabète, et par là même, une explosion des coûts de la santé.

Ces diabétiques «fautifs» seront punis de la façon suivante : ils n’auront pas accès aux traitements et aux médicaments les plus récents, et devront  se contenter d’une pharmacopée obsolète !

Absurde, cette décision du régime conservateur hongrois ne pourra, bien évidemment, qu’aggraver la situation, sans compter les dégâts psychologiques qu’elle infligera.

Dans le même ordre d’idée, mais en Angleterre cette fois-ci, une proposition a été faite visant à récompenser, par le biais d’une prime, les «bons» docteurs, c’est-à-dire ceux dont les patients diabétiques présentent un bon équilibre glycémique.
Il s’agit ainsi, ni plus ni moins, d’inciter les médecins à ne soigner que les diabétiques ne posant plus de problèmes et à abandonner les cas difficiles !

Dans un cas de figure, on punit le patient, et dans l’autre, le médecin !

Ces funestes projets sont évidemment dangereux et nuisibles et portent un grave préjudice aux diabétiques concernés.

Ce que je trouve inquiétant, c’est l’effarante méconnaissance de la réalité de la maladie diabétique dont font preuve certains responsables.

En paraphrasant Georges Clemenceau, je dis que la santé est une chose bien trop sérieuse  pour être laissée aux seules mains des politiciens.

Dr Nicolas von der Weid